Les bouteilles à la mer

19 décembre 2009

Vous êtes naufragé.
Vous jetez une bouteille à la mer, renfermant un message. Pour maximiser les chances de transmission dudit message, vous jetez plusieurs bouteilles, chacune renfermant le même message. Vous dotez les bouteilles d’une capacité de reproduction, afin que le message puisse être diffusé plus largement et qu’il aie davantage de chances d’être transmis.

La mer étant agitée et prompte à engloutir les choses et les êtres flottant à sa surface, vous dotez les bouteilles d’une intelligence évolutive; une capacité de raisonnement, qui devrait permettre à la majorité d’entre elles de survivre aux éléments.
Malheureusement, cela ne va pas sans créer certains inconvénients. Le cerveau dont vous avez doté les bouteilles est de nature organique, et donc à la merci de la corrosion, du sel et du temps. Les bouteilles deviennent éphémères. Le système reproducteur prend toute son sens, et de nouvelles bouteilles sont régulièrement engendrées, afin de succéder à leurs prédécesseurs.

Pour faire face à cet environnement hostile, les bouteilles usent de leur capacité d’apprentissage nouvellement acquise; ainsi, seules les bouteilles adaptées à leur environnement survivent, et transmettent leur expérience à leur progéniture. À son tour, cette nouvelle génération de bouteilles s’adaptera un peu plus à son milieu et transmettra l’expérience acquise à la génération suivante.

Les hasards de la génétique créent l’apparition de membres palmés sur les flancs d’une des bouteilles, et ce don se révèle être salvateur pour l’évolution en milieu aquatique. La bouteille en question survit sans problème et engendre une progéniture dotée, elle aussi, desdits membres palmés. Les générations passent, et les bouteilles privées de membres palmés périssent, alors que leur survivent celles qui en ont.

Les générations passent encore. Et un jour, une bouteille heurte la terre ferme. Ses pattes adaptées au milieu marin ne lui permettent pas une grande habileté hors de l’eau, mais elle parvient tout de même à s’en extirper à se traîner à quelques mètres du rivage.
S’ensuit une longue adaptation au nouveau milieu, le milieu terrestre. L’histoire se répète, et les bouteilles, en très grand nombre et chacune renfermant toujours le message originel, s’adaptent à la vie sur le sol en dur. Toutes dotées à présent d’un corps très évolué et d’un cerveau développé à l’extrême – une grande partie de ce dernier étant allouée au stockage du message – les bouteilles vivent en harmonie sur la Terre.

Moins préoccupées par des questions de survie, puisque très adaptées à leur milieu, elle se mettent à penser à leur origine, lointaine et oubliée. Elles se demandent pourquoi elles vivent; dans quel but. Rejetant totalement l’hypothèse selon laquelle l’existence de la vie serait un accident, elles se demandent quelle est la finalité de leur existence. Ne pouvant concevoir leur propre apparition ex nihilo, elles pensent à un créateur. Quelque chose, quelqu’un, qui les aurait envoyées en nombre. Mais pourquoi ? Pour transmettre un message, peut-être ?

J’ai un projet de court-métrage intitulé DBSW (« Dead But Still Walking« ).

Jusqu’ici, je n’ai tourné que quelques plans faisant office de tests (de caméra, d’effets, etc.). Voici les quatre vidéos qui en résultent, par ordre chronologique :

[DBSW] – Debut from Hadrien Brissaud on Vimeo.

[DBSW] – Continuation from Hadrien Brissaud on Vimeo.

[DBSW] – Fresher meat on sight from Hadrien Brissaud on Vimeo.

[DBSW] – Tripaille from Hadrien Brissaud on Vimeo.

Ma caméra est vraiment limite, pareil pour mon ordinateur, qui n’a rien d’une station de montage; le projet est en phase de pré-production.

L’homme vert est végétarien; il est en carence. Il est peu vif, peu entreprenant, il n’est pas meneur. Il est un homme « moderne » en cela qu’il ne chasse pas (en des temps plus reculés, il y aurait été contraint, malgré ses convictions). L’homme rouge, lui, est carnivore; sa morphologie s’en ressent : il est massif, musclé, il a l’oeil vif, brillant et injecté de sang. Comportementalement parlant, il est entreprenant, meneur, parfois impulsif, de bon entrain. C’est un bon vivant, dynamique. Brutal.

Bon évidemment ce sont des stéréotypes. Chacun sa nuance, son équilibre.

La nourriture « naturelle » de l’Homme est-elle végétale ?

La place de l’Homme

17 août 2009

Le terme « nature » est ambigu.
On l’utilise pour désigner les choses et les êtres non encore affectés par la présence et le fait de l’Homme.
Certains disent que l’hypothétique disparition de l’être humain constituerait un « retour à la normale » ; mais pourquoi la présence sur Terre de ce dernier – et de tout ce qui s’ensuit – ne s’incluerait-elle pas dans l’ordre « normal » des choses ?La normalité, dans ce contexte, désignerait-elle l’absence de domination d’une espèce sur les autres ? le perpétuel « struggle for existence » de Darwin ?

Toutes ces choses que l’on doit à l’Homme, que l’on voit souvent viciées et mauvaises (la pollution, l’urbanisation excessive, l’exctinction de certaines espèces animales et végétales, etc.), ne prendraient-elles pas légitimement place dans l’Histoire, dans l’ordre naturel des choses ? ne seraient-elles pas vues, par une hypothétique civilisation extraterrestre observant notre monde d’en haut, comme extrêmement intéressantes  ?

Voilà le dernier rendu en date de ma citadelle. Ça fait déjà très lourd (5mn de rendu environ), et je ne parle pas de l’ambiance dans 3dsmax. Heureusement les calques sont mes amis.